Lorsque les personnes me contactent après un bilan de QI, elles pensent souvent avoir enfin trouvé la réponse à toutes leurs questions. En réalité, c'est souvent l'inverse qui se produit.

Certaines ressentent un immense soulagement. D'autres ont du mal à se reconnaître dans ce qu'elles lisent. Beaucoup se demandent ce que cela change concrètement dans leur vie : malheureusement, un chiffre ne raconte pas une histoire.

Il ne dit rien de l'enfant qui s'est ennuyé à l'école pendant des années. Il ne dit rien de l'adulte qui a multiplié les réorientations professionnelles. Il ne dit rien non plus des difficultés familiales, des blessures, des échecs ou des réussites qui ont construit une personne. Contrairement à ce que l'on entend parfois, je ne considère pas le haut quotient intellectuel comme une maladie ou comme une souffrance en soi. Dans la plupart des situations, disposer de capacités intellectuelles élevées constitue plutôt un avantage. Pourtant, certaines personnes vont mal, parfois très mal.

Ce que j'observe, c'est que les difficultés viennent rarement du quotient intellectuel lui-même. Elles sont souvent liées à l'histoire de la personne, à son environnement, à des événements de vie difficiles ou à d'autres particularités qui n'ont pas toujours été identifiées et comprises.

Je rencontre également de nombreuses personnes qui ont appris très tôt à cacher leurs difficultés. Elles ont développé ce que l'on appelle parfois un faux-self : une manière de fonctionner qui leur permet de s'adapter à leur entourage mais qui finit par les éloigner progressivement de ce qu'elles sont réellement. À force de vouloir correspondre aux attentes des autres, certaines ne savent plus très bien qui elles sont ni ce qu'elles souhaitent vraiment.

Les profils hétérogènes occupent également une place importante dans ma pratique. Beaucoup de personnes restent bloquées sur leur chiffre de QI alors que les écarts entre les différents indices racontent souvent une histoire bien plus intéressante. Lorsque des particularités comme un TSA, un TDAH ou des troubles des apprentissages sont présents, la lecture du bilan demande souvent davantage de nuances.

Je ne réalise pas de bilan psychométrique. En revanche, je peux vous aider à comprendre les conclusions de votre WISC ou de votre WAIS et à réfléchir à ce qu'elles signifient concrètement dans votre vie quotidienne.

Une question revient souvent chez les adultes, et plus encore chez les profils très haut quotient intellectuel : celle de la place. Beaucoup ont le sentiment de pouvoir faire davantage, de ne pas utiliser pleinement leurs capacités ou de ne pas trouver de projet qui leur semble réellement à la hauteur de leurs aspirations. D'autres ont simplement l'impression d'avoir toujours été un peu à côté, sans jamais comprendre pourquoi.

Mon travail ne consiste pas à vous expliquer que vous êtes HQI ou THQI. Le diagnostic l'a déjà fait. Il consiste plutôt à vous aider à comprendre qui vous êtes derrière ce diagnostic, ce que vous souhaitez construire et comment utiliser vos capacités au service d'une vie qui vous ressemble.

Car au fond, la question n'est pas de savoir quel est votre quotient intellectuel.

La question est de savoir quelle place vous souhaitez occuper dans le monde.